Une association lausannoise de théâtre de l'opprimé. On rejoue ensemble les oppressions du quotidien — par le corps et par le jeu — pour en reprendre le pouvoir, tout en prenant soin les un·es des autres.
Un ensemble de techniques théâtrales visant le changement individuel, social et politique, créé par Augusto Boal dans les années 60. Une pratique pour s'auto-observer, réfléchir collectivement à des situations, explorer des alternatives… et les essayer !
À travers le partage de récits individuels, cet outil met en lumière les oppressions systémiques par le jeu et permet l'émergence d'une prise de conscience collective, pour reprendre du pouvoir sur nos quotidiens. C'est une forme de théâtre participatif et politique : aucun prérequis, le côté « performance » du théâtre classique n'est pas du tout présent.
« À l'origine, le théâtre était le peuple libre chantant à l'air libre. Puis les classes dominantes s'en emparèrent : elles séparèrent les acteurs des spectateurs. Finie la fête ! » — Augusto Boal
Nous croyons en la puissance de cet outil et avons à cœur de le démocratiser au-delà des milieux déjà sensibilisés.
Nous voulons rendre nos ateliers et nos spectacles le plus accessibles et inclusifs possible, pour offrir un espace d'expression aux personnes opprimées. Faire groupe, créer du lien, partager, écouter, jouer et se mettre en mouvement : voilà ce qui nous semble essentiel. Avec Grabuge, nous espérons créer un espace de jeu et de parole sécurisant, pour politiser nos quotidiens et redonner du pouvoir à l'individu et au collectif — tout en prenant soin du groupe.
Le soin est central. Nous instaurons des rituels de début et de fin en cercle, nous nous accordons sur un cadre commun et des principes de prendre-soin. Nous sommes conscient·es que cet outil peut être puissant au niveau émotionnel et psychique, et nous mettons en place des outils concrets pour l'accompagner.
L'initiation peut se faire en atelier ponctuel — une expérience impactante pour faire émerger des récits. En ateliers réguliers, le théâtre de l'opprimé permet une vraie transformation collective vis-à-vis des rapports de domination.
Les enfants sont vulnérables aux violences de la domination adulte. Par le corps et le jeu, ils apprennent à réagir et se défendre. En régulier : un groupe sécurisant et un réel processus d'empouvoirement. En ponctuel : un espace d'expression ludique et de défoulement.
Explorer les dynamiques de pouvoir liées au genre, dans un espace sans hommes cisgenre. Un espace de sororité où jouer et s'entraîner, par le corps et le partage de récits, pour déjouer les oppressions genrées à venir.
Appréhender les outils du théâtre de l'opprimé pour exprimer des situations d'oppression vécues et en reprendre le pouvoir. Transformer des récits individuels en récits collectifs, travaillés avec un prisme systémique.
Un spectacle sur un sujet de domination précis, où le public intervient, dialogue et se positionne. Nous créons les scènes depuis nos vécus et les récits des personnes concernées ; le public peut rejouer les scènes ou en proposer des alternatives.
Jouer des scènes d'oppression dans l'espace public — bus, parc, magasin — sans dire que c'est du théâtre. Troubler le quotidien pour créer un débat inattendu, des interactions et des questionnements politiques immédiats.
Nos ateliers passent par le corps et le jeu. Voici quelques-unes des activités que vous pourriez vivre avec nous.
Reformer la chenille à l'aveugle, en retrouvant les épaules des autres. Se faire confiance par le toucher.
Sculpter dans le corps de l'autre une oppression que l'on connaît — opprimé·e et oppresseur·euse — pour la mettre en image, sans mots.
Donner vie un à un aux désirs d'un personnage, les confronter, les placer dans l'espace, puis laisser le public proposer d'autres équilibres.
Une main hypnotise, l'autre suit à distance constante. On expérimente le fait de suivre et de mener.
En binôme, jouer le croisement et l'inversion des regards et des émotions, du plus tendre au plus violent.
Faire parler à voix haute les pensées d'un personnage figé, pour révéler ce qui se joue sous la surface.
Varier le rythme et la conscience de l'espace, s'accorder au groupe, sentir le collectif en mouvement.
Le rituel de fin : se retrouver en cercle pour clôturer, prendre soin et faire groupe.
Étudiante en ingénierie de l'environnement, animatrice et formatrice BAFA. Engagée pour les demandeur·euses d'asile, contre les violences faites aux femmes et aux enfants, et dans la lutte écologique. Elle explore le théâtre de l'opprimé via des stages (Jana Sanskriti, Ébullition) et au sein des troupes Acta non Verba et Grabuge. « Spécialiste en rien mais touche-à-tout. »
Diplômé de l'ESSIL et du BAFA. Il a travaillé en foyer avec des jeunes et adultes en situation de handicap, en école spécialisée et auprès d'enfants placés. Il a co-créé des spectacles sur le harcèlement scolaire, les violences faites aux enfants et l'espace public. Formé par Arc en scène, Manivelle théâtre, Ébullition et le réseau romand des praticien·nes.
Mère et infirmière auprès de personnes en situation de précarité. À travers son travail en hébergement d'urgence et ses engagements collectifs, elle s'intéresse au soin, aux violences ordinaires et aux oppressions systémiques. Elle découvre le théâtre forum avec Acta non Verba et poursuit aujourd'hui sa pratique au sein de Grabuge.
Venez essayer ! Aucun prérequis, de 0 à 123 ans. Confirmez votre présence par message — ou venez à l'arrache.
18h30 → 20h30 · Salle Rebuilt, Route du Bois 6, Le Pontet, 1024 Écublens. 2h de jeux de rencontre, de mise en mouvement et de partage d'expériences.
Théâtre de l'Orangerie, Genève.
4 ateliers de septembre à décembre, en accueil libre adultes. Hebdomadaire dès janvier 2027 si l'aventure prend. Gratuit au début.
Première rencontre avec les enfants, puis une fois par mois de septembre à décembre.
Pour une intervention, un atelier dans votre structure, ou simplement pour venir essayer — écrivez-nous ou appelez-nous.